9 septembre 1915

9 septembre 1915

22° coloniale

Mon cher Joseph

Je suis heureux de te savoir enfin rétabli à peu près et autant de te voir passer dans l’auxiliaire. Pour moi tout va bien. La santé est bonne malgré le marmitage habituel et surtout le torpillage. Si tu voyais ces petits morceaux qui risquent à chaque instant de nous tomber sur la cafetière, tu aurais peur à moins, je te l’assure. Nous sommes pour six jours au repos. En voilà déjà quatre de passé. Plus que deux et nous reviendrons aux tranchées pour douze jours. Ce sont ceux-là surtout qui sont longs ! Surtout maintenant qu’il pleut souvent. Tous les copains d’Ayn vont bien et t’envoient un grand bonjour. Je ne pense pas avoir ma permission avant un mois. Tu penses si le temps dure à ma pauvre Alice. Comme lune de miel, tu m’avoueras que la séparation est un peu longue.

Écris moi souvent, moi je fais comme je peux. Ton frère qui t’embrasse de tout cœur.

Félix