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Accueil > Histoire et Patrimoine > Mémoire & Histoire locale > La Grande Guerre > Les lettres d’Antoine Pichon

28 septembre 1914
Mis en ligne le 4 novembre 2010 par
Dernière mise à jour le 4 novembre 2010

28 se[ptembre] 1914

Chère sœur

Je t’envoie ces deux mots de lettre pour te donner quelques nouvelles et pour en savoir des tiennes. Pour moi, ça ne va pas trop mal et je pense bien que tu en es de même.

J’espère que tu n’as pas eu peur des sales boches qui voulaient rentrer à Paris. Mais ils ont pas réussi, ils ont été obligés de rebrousser chemin.

Tu sais, la vie de militaire, ça n’est pas tout drôle. On n’est plus chez nous, la popote est plus la même, il y a que la viande et la soupe de bonnes. Le reste ne vaut rien du tout. Le matin on boit le jus sans sucre : pour aller jusqu’à dix heures c’est long.

Je n’ai encore rien reçu de mes deux frères et chez nous non plus. J’ai reçu des nouvelles d’Augustine. Je m’en vais te dire que nous quittons Albertville jeudi pour aller à Valence dans un camp pour former un corps et pour finir d’être entraînés à la marche pour être dirigés ensuite avec les autres à la boucherie.

C’est comme ça, il faut y aller, mais je t’assure que si je les vois, je les tirerais comme il faut, et si on y va à la baïonnette, que je pousserais de toutes mes forces. Il ne faut pas avoir pitié d’eux parce qu’ils n’ont pas pitié de nous autres, ces vaches.

Vivement qu’on soit à Berlin, c’est peut-être nous autres qu’on va faire l’entrée triomphale dans leur capitale, mais on fera bien tout ce que l’on pourra. Dans quinze jours on verra ça, on verra le canon [de] 75.

Je crois que tu n’écris pas souvent chez nous, ce qu’ils me disent. Tu devrais leur écrire un peu plus souvent pour les reconsoler un peu. Quand je suis parti, ils se sont mis à pleurer tous ces malheureux, mais il faut y prendre. Voilà d’abord un mois que je suis parti. Ils nous font barder fort, le matin à 4 heures, il faut être debout pour se préparer pour partir à 5 heures pour faire les manœuvres. Ma foi je ne trouve plus rien à te dire pour le moment.

Ton frère Antoine qui t’embrasse bien fort

Voici mon adresse :

Pichon Antoine, jeune soldat au 22e bataillon de chasseurs 12 [ème] compagnie Albertville, Savoie.

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