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Accueil > Histoire et Patrimoine > Mémoire & Histoire locale > La Grande Guerre > Les lettres d’Antoine Pichon

18 octobre 1914
Mis en ligne le 4 novembre 2010 par
Dernière mise à jour le 4 novembre 2010
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Barbière le 18 oc[tobre] 1914

Chère sœur

Je t’écris deux mots de lettre pour savoir de tes nouvelles et pour t’en donner quelques unes. Pour moi, ça va pas trop mal et j’espère bien que tu en es de même. Mais pour moi, ça s’avance l’heure du départ pour la frontière. Ça sent pas bon, j’ai reçu des nouvelles de Jules, il a été blessé, mais ça va mieux. C’est la Gustine qui me l’a écrit, mais je ne reçoit pas souvent des nouvelles de toi et chez nous, c’est la même chose. Tu devrais bien écrire plus souvent surtout [chez] les vieux qui s’ennuient. Je t’ai écrit il y a 15 jours et je n’ai encore point reçu de réponse pour le moment. J’espère bien que tu me répondras cette fois-ci.

Est ce que tu n’a rien peur des sales boches qui volent tous les jours sur Paris. Mais une fois qu’on y sera ça changera peut-être. Ça les fera peut-être bien reculer ces salauds là quand on leur fera briller notre baïonnette dans le ventre. Ça doit faire quelque chose quand même de faire jaillir le sang, ils ne doivent pas mal crier. Mais il faudrait tous les passer pour les détruire cette sale race.

Ma foi, on a changé de pays, on est plus en Savoie maintenant, on est dans la Drôme, à vingt kilomètres de Valence. On m’a éloigné de chez nous, ces charognes, mais quand on sera à Berlin, on sera bien plus loin encore, mais il y aura plus de joie quand-même, on aura regagné nos deux provinces.

Nous comptons de partir la première dizaine de novembre, parce que nous remontons à Albertville le 5 novembre. Mais j’espère bien que je pourrais aller faire le voyage chez nous. Et si je peux me faire photographier, je t’en enverrai une si je peux comme souvenir.

On nous fait trop barder ces temps, On nous fait faire de 40 [à] 50 kilomètres tous les deux jours. C’est dur ça, surtout avec le sac qui est complet, il pèse 33 kilos. Ce n’est pas un sac de « bitout » qui pèse que 24 kilos, et la marche est bien plus dure que la leur, surtout quand on va par les montagnes, c’est bien plus pénible.

Ma foi, je ne trouve plus rien à te dire pour le moment, ton frère qui t’embrasse bien fort.

Pichon Antoine, jeune soldat au 22e bataillon de chasseurs 12° compagnie Albertville, Savoie. (à faire suivre en manœuvre)

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