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Accueil > Histoire et Patrimoine > Mémoire & Histoire locale > La Grande Guerre > Les lettres d’Antoine Pichon

2 novembre 1914
Mis en ligne le 31 janvier 2011 par
Dernière mise à jour le 31 janvier 2011

Barbière, 2 novembre 1914

Je réponds à ta lettre qui m’a fait plaisir de savoir de tes nouvelles, que tu soies toujours en bonne santé, que tu n’aies pas vu Jules quand il a passé à Paris. Je lui ai écris ces jours ci et à François, il m’a rien répondu encore. Je ne sais pas s’il n[e la] pas reçue, surtout maintenant qu’on les reçoit très difficilement. C’est comme les deux que tu m’as envoyées, j’ai reçu que la seconde, la première doit avoir pris un autre chemin, elle ne s’est pas retrouvée en cours de route. Le temps commençait d’abord à ma durer que tu me répondais pas. La seconde a resté que deux jours pour venir ici. J’ai reçu des nouvelles des vieux hier, ils me disent qu’ils ont beaucoup à faire en ce moment, qu’ils sont ennuyés, ils ne reçoivent pas des nouvelles souvent, surtout de toi. Ecris un peu plus souvent à toute la famille, ça fait toujours plaisir de recevoir des nouvelles surtout en ce moment-ci.

Tu sais le moment s’approche pour nous. On part d’Albertville peut-être mardi. Si je passais à Paris, je tâcherai de te le faire dire si je peux. On nous a vaccinés samedi passé. Tu parles si ça nous a fait mal. Ils nous ont coupé 3 centimètres de profondeur. Ça nous a foutu la fièvre, on a été malades toute la nuit comme des chiens. On ne pouvais pas se remuer de place, ça fait qu’on a eu 3 jours de repos.

Tu m’as demandé une photo, mais je me suis pas encore fait photographier. J’attends de retourner à Albertville, ça sera plus commode. Je les ferai envoyer chez les parents. Alors, ils vous en enverront bien une au moins pour souvenir en cas que je reste avec les boches.

Nous allons nous diriger en Alsace ou bien en Belgique parce que il y a deux compagnies qui vont dans le nord et deux dans les Vosges. Ma foi on n’aura pas trop chaud cet hiver dans les tranchées, surtout quand elles sont pleines d’eau, mais on tâchera [au] moins de [ne] pas se faire dégringoler et de dégringoler les boches. Je t’assure quand je les viserai qu’ils tourneront les yeux, mais ce qui nous fait plaisir, c’est qu’ils reculent fort en ce moment. Il doit déjà en avoir de crevé de ces salauds, on les tiendra peut-être bien une fois.

Ma foi, je ne trouve plus rien à te dire pour le moment, ton frère qui t’embrasse bien fort.

Pichon Antoine, jeune soldat au 22 chasseurs alpins 12e compagnie Albertville, Savoie.

Je ne regrette pas de partir de Barbière parce que c’est un sale pays. On n’en n’a trop (?), il y a trop de la boue.

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