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Accueil > Histoire et Patrimoine > Mémoire & Histoire locale > La Grande Guerre > Les lettres d’Antoine Pichon

25 novembre 1914
Mis en ligne le 31 janvier 2011 par
Dernière mise à jour le 31 janvier 2011
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La Veline le 25 novembre[1914]

Chère petite sœur

Je réponds de suite à ta lettre qui m’a fait plaisir de savoir de tes nouvelles. Pour moi, ça va pas trop mal pour le moment. Il fait froid, surtout dans les tranchées. La nuit il tombe de la neige. Seulement le canon du fusil tient chaud un peu quand on tire sur les boches.

Tu sais que c’est pas drôle quand leurs marmites nous éclatent sur la tête. On ne rigole pas trop, on se cache tant qu’on peut pour ne pas recevoir des éclats, parce qu’ils ne sont pas doux. Mais quand ils relèvent la tête, on leur fait cacher bien vite, des fois pour ne plus la relever.

Je pense que le bataillon va aller au repos bientôt. On a reçu le baptême du feu par des obus qu’ils nous ont lancé au moins à douze kilomètres, et heureusement, il n’y en a point eu de touchés. Tu parles si ça nous faisait dresser la tête et les oreilles. On ne rigolais pas sur le moment. On commence à s’y habituer maintenant.

Tu sais que c’est pas drôle pour les gens qui se trouvent [ici]. Les champs, c’est tout abimé, toutes les maisons brûlées. Mais si tu voyais, les gens sont mauvais pour les soldats, on les enfilerait aussi bien que les boches.

Je suis parti d’Albertville, je croyais bien qu’on passerai à Lyon, mais ça [n’a] pas été vrai. On a filé sur Bourg. On a resté trois jours en chemin de fer. Le temps commençait à nous durer, surtout qu’on était dans les wagons à bestiaux. Quand est ce que l’on pourra retourner coucher dans un lit qui soit plus doux que sur la terre qu’on couche dessus, et surtout pour revoir le village des Pichons.

Je finis ma lettre parce que j’ai froid aux mains.

Ton frère qui t’embrasse bien fort.

Au plaisir de se revoir

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