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Accueil > Histoire et Patrimoine > Mémoire & Histoire locale > Le village

Les croix d’Ayn
Mis en ligne le 1er juillet 2008 par
Dernière mise à jour le 26 février 2009

 GENERALITES

Nous n’avons que peu de documents attestant de la présence des croix sur le territoire de la commune avant les années 1810. Le seul texte trouvé semble indiquer que toutes les croix de la commune furent sinon détruites du moins mises à bas lors de la révolution. Il est reproduit ci dessous. Il s’agit d’informations fournies par le Curé Quilet qui fut le premier curé d’Ayn lorsque la commune fut érigée en paroisse suite au concordat Napoléonien du 15 juillet 1801 ratifié le 08 avril 1802.

(…) Ce fut cette même année que par la permission de notre Evêque, je replantais les croix que l’impiété avait abattues. Je bénis celle des Banchets, celle de Vétonne, celle des Guillots, celle du cimetière que je fis redresser et échanger pour celle dite des Guillots, et celle du Mollard (…)

(Registres de Baptêmes de 1803 à 1813)

L’érection des croix se situe dans une fourchette 1810 - 1937. Le village ne se distingue pas des autres communes savoyardes et françaises qui ont presque toutes bâti leurs croix au cours du XIX° et au début du XX° siècle.

Monuments érigés quelquefois avec des moyens rudimentaires, elles subissent l’outrage des ans comme tout ouvrage humain et l’on ne compte plus les accidents dus essentiellement à la circulation automobile (2 fois pour celle du Grand Chemin, une fois pour celle de la place). Celles en bois se dégradent rapidement, celles en pierre souffrent de l’instabilité du sous sol ou vieillissent de gélifraction.

Ces monuments font aussi partie du patrimoine local et il serait intéressant de les préserver au moins au titre de marqueurs de la piété populaire. La plupart sont privées ou érigées sur terrain privé. Leur entretien souvent très onéreux quand il s’agit de travaux lourds, dépend donc du bon vouloir du ou des propriétaires.

La liste des 17 croix recensées sur la commune est chronologique, soit d’après les écrits soit d’après les inscriptions. Les dénominations sont les appellations actuelles. Dans chaque cadre les croix ont été décrites de la façon la plus rigoureuse possible en remontant de l’embase au sommet, l’inscription est citée en dernier. Chaque titre comporte en premier lieu un index de classement, puis le curé en titre à l’époque de l’érection de la croix, enfin le nom actuel.

 LES CROIX D’AYN ET LEURS INSCRIPTIONS.

 1 : 1816, Rd Quillet, Croix du cimetière

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- embase en pierre enterrée,
- socle en pierre, parrallélépipédique puis pyramidal puis de nouveau parrallélépipédique et encore une fois en pyramide tronquée,
- fût de section carrée aminci au raccordement de la croix,
- croix en pierre de section carrée en une seule pièce, sans fioriture.
- Inscription : 1846

La date portée par la croix est postérieure à celle que donne le curé Quillet.

 2 : 1840, Rd Joly, Croix de Vétonne en Haut

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- embase ronde en pierre,
- socle tronconique en pierre,
- fût rond, en pierre, agrémenté d’un tore au sommet,
- croix en pierre, en une seule pièce, de section ronde, portant sur la partie inférieure un cartouche rectangulaire avec inscription,
- Inscription : 1840 F.B.

Le socle ressemble à une pierre de moulin à huile tronconique. Cette croix pourrait avoir été érigée à l’instigation de François Bellemin-Noël originaire de Vétonne dit « Taté Noïé ».

 3 : 1843, Rd Joly, Croix du Grand Chemin

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- embase, 2 escaliers en pierre,
- socle en pyramide tronquée, en pierre,
- fût en pierre, de section carrée,
- croix en une seule pièce de section carrée, avec cartouche en relief sur la partie inférieure, et inscription en diagonale sur la partie supérieure du corps.
- Inscription : I.N.R.I.
- dans le cartouche : 1843 20 M J.H.D.M.

Cette croix était appelée autrefois « Croix Damian »(registre des délibérations du conseil Municipal 27 mars 1892) . Elle était située jusqu’avant la guerre de 1939 -1945 au centre du carrefour et avait été renversée par un chargement de foin. A la suite de cet accident elle a été remontée à son emplacement actuel, où elle s’est fait à nouveau décapiter en 1995 par un camion chargé de grumes de bois. Elle s’en sortit indemne et a été remontée telle qu’avant.

Elle était visitée lors d’une procession pour la fête Dieu le 1° dimanche et était « garnie » pour l’occasion.

 4 : 1845, Rd Joly, Croix du Franquet en Bas

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- embase en pierre, une marche,
- socle parallélépipédique, portant l’inscription,
- fût en pierre, de section ronde, avec tore en relief au sommet,
- croix en fonte,
- Inscription : 1845 Pr BLM

La croix elle même était avant 1970 (?) en pierre, elle a été cassée par accident par deux jeunes garçons qui étaient montés dessus pour jouer ! Il en reste quelques morceaux chez le propriétaire actuel de cette croix. Son beau-père, quand il avait acheté la ferme, avait par contrat l’obligation de la remettre en état et de l’entretenir.

Lors de la construction de la route de « la Péruse », cette croix devait s’appeler « Croix de la Serraille ». Il n’est pas possible de la confondre avec la croix située au carrefour de la route de la Péruse et du chemin du crêt car celle-ci ne fut érigée qu’en 1885. Sa localisation semble donc incontestable : « … pour l’élargissement du chemin de petite communication n° 1 du Franquet et du Bard, partie comprise entre le Chef Lieu et la Croix de la Serraille… ». Suit l ’énumération des parcelles concernées et l’on retrouve bien le tracé de la route actuelle dite de « la Péruse » entre le Chef Lieu et la croix dite actuellement du Franquet. (Compte rendu du conseil municipal n° 176 du 1° septembre 1870). Par contre le nom ne se rattache à aucun nom de famille et à aucun toponyme locaux. Seul un rapprochement hypothétique entre la Muraillère et Croix de la Seraille semblerait pouvoir éventuellement se faire.

Elle a été déplacée de quelques mètres lors de l’agrandissement du virage de la D 36 E au cours de l’été 2007.

 5 : 1845, Rd Joly, Croix de la place

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- embase : en pierre, deux marches
- socle : parallélépipédique, sans inscription
- fût : rond en pierre
- croix : en fer de 2,80 mètres, surmonté d’une sphère très aplatie en laiton.
- Inscription : O Crux Ave JHS

L’embase de cette croix a été refaite lors de la réfection de la place en 2004 - 2005. Elle avait été accrochée par un camion et les escaliers étaient désolidarisés.

 6 : 1845 : Rd Joly, Localisation inconnue

Cette croix n’est connue que par la description qu’en fait le curé Joly dans les archives paroissiales :

« La croix colonne en pierre, croisons en fer, plantée sur la route au coin du petit champ qui appartient au presbytère d’Ayn, a été plantée en mémoire de la mission qui a été donnée au mois de février 1845, par les révérends père bernardins de Hautecombe. Les dépenses de la croix ont été fournies par une souscription et la paroisse, en foi de quoi à Ayn le 2 octobre 1849, Joly, Recteur. »

On peut supposer que c’est celle décrite ci dessus, mais il est étonnant que la qualité de l’ouvrage en fer et la taille de la croix ne soient pas mis en exergue. La date tout a fait explicite ainsi que la référence à la mission de 1845 semblent être des indices forts, de même que la description : « croix colonne » et le matériau : « croisons en fer ». Mais il se peut aussi qu’elle ait été plantée au niveau du monument aux morts actuel, mais rien ne permet de le justifier. Une recherche dans les archives communales permettra peut être de lever le voile.

 7 : 1861, Rd Joly, Croix sur porte du cimetière

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- Croix en fer forgé plantée sur le linteau de la porte pricipale du cimetière.

Le linteau porte la date de 1861 gravée juste en dessous de la croix.

 8 : 1866, Rd Durochat, Croix de Laye (Vétonne en Bas )

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- embase :
- socle :
- fût : en pierre
- croix : en métal, fonte
- Inscription :

Cette croix était autrefois au centre du carrefour. C’est sans doute de celle ci dont parle le curé Quillet dans le Registres des Baptêmes de 1803 à 1813.

 9 : 1872, Rd Joly, Croix du Guillot

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- fût : en pierre,
- croix : en pierre,
- Inscription : Bourbon Joseph Antoine maire d’Ayn V.T.

Croix appelée aussi Croix Bourbon, (arch. Communales.) Sur le cadastre copie de 1848 déposé à la Mairie d’Ayn elle est représentée au milieu du carrefour. Elle ne figure pas sur le cadastre de 1728.

Elle pourrait être l’œuvre d’un vœu de Joseph Bourbon vœu exécuté après sa mort.

Elle succède probablement à une autre croix mise à bas pendant la Révolution et remontée dans les années 1810, 1813 comme le signale le curé Quillet dans le registre de baptêmes.

Elle a été déplacée de quelques mètres toujours du même côté, pour agrandir le croisement en mars 1999.

 10 : 1875, Rd Joly, Croix du Mollard

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- fût : en pierre,
- Vierge : en fonte

Cette croix est citée sous le nom de croix du Bottaix dans les archives paroissiales (coutumier de la paroisse d’Ayn) : « le second jour elle (la procession des rogations) va jusqu’à la croix du Bottaix et revient par le même chemin ».

Son ancien propriétaire, Maurice Berthet, disait de cette croix : « c’est la croix des Balley », voulant dire par là qu’elle faisait partie du patrimoine de sa mère, née Balley.

Comme celle du Guillot, elle a du être mise à bas pendant la Révolution et remontée dans les années 1810, 1813 ainsi que le signale le curé Quillet dans le registre de baptêmes.

En 2006, elle est extrêmement dégradée, la vierge en fonte s’est cassée, et le fût penche dangereusement.

 11 : 1885, Rd Durochat, Croix du Franquet en Haut

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- embase : 2 escaliers en pierre,
- socle : rectangulaire en pierre,
- fût : de section approximativement carrée, en pierre, surmonté d’une niche voûtée en cul de four en pierre, elle même coiffée d’une croix en pierre de section carrée. Dans la niche, une vierge en porcelaine protégée par une vitre au sommet semi-circulaire, dans un cadre en bois.
- Inscription : Maria sine labe concepta ora pro nobis Pater Ave 40 jours d’indulgence (Marie conçue sans péché priez pour nous).

La tradition familiale rapporte que cette croix a été sculptée par l’ancien propriétaire de la maison voisine, qui se nommait Laurent Cusin Veyre, et était tailleur de pierres. On peut voir sur le linteau de l’écurie qui est lui même l’ancien linteau de la porte d’entrée de cette maison refaite en 1926, un petit cartouche taillé en creux portant l’inscription : « LNT C.V.1840 » signifiant justement Laurent Cusin Veyre. Ce sculpteur avait l’habitude de faire la barre oblique du N à l’inverse de l’habitude actuelle.

Sans nier la véracité de cette tradition orale, les 45 ans qui séparent les deux inscriptions ne plaident pas en faveur de l’ouvrage d’un même artisan. En admettant qu’il ait sculpté le cartouche de sa propre maison à l’âge de 20 ans, ce qui serait assez exceptionnel, il en aurait eu 65 lors de l’érection de la croix. Il semble donc permis de douter de cette tradition.

 12 : 1896, Rd Durochat, Croix du Banchet

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- embase : 2 (3 ?) escaliers en pierre,
- socle : en pierre, parallélépipédique portant l’inscription,
- fût : en pierre de section carrée, avec angles rabattus,
- croix : en pierre de section carrée, angles rabattus, agrémentée d’un cœur sculpté en creux à la croisée des bras et du corps.
- Inscription : O CRUX AVE RECITER UN PATER AVE INDULGENCE DE 40 JOURS 1896

C’était primitivement une croix en bois qui devait servir de but de procession après l’abandon de la procession aux Carmes du Pont-de-Beauvoisin. Malgré son existence probable bien avant 1730, on ne la retrouve pas sur le cadastre Sarde de 1728. Elle ne représentait pas une limite et peut donc avoir existé sans être mentionnée.
La croix actuelle a été refaite aux frais de la commune lors de la réfection de la route des Banchets à la fin des années 1890. Elle remplace la croix antérieure en bois, érigée une cinquantaine de mètres en dessous, presque au croisement de la route actuelle et du chemin du « Vieux Banchet ». Les deux croix ont coexisté une vingtaine d’années puis la croix en bois a été démontée, et la légende locale veut que sous le socle en pierre il aurait été retrouvé deux pistolets. Il faut certainement attribuer l’origine de cette légende aux armoiries de Jean LOUIS. Ce personnage faisait partie d’une famille qui compta des armurier parmis ses membres. Il est enterré à Pont de Beauvoisin ou sa pierre tombale qui existe toujours est ornée deux pistolets croisés. Ces deux pistolets croisés se retrouvent aussi sur le socle de l’oratoire de Bonne Rencontre à Domessin. Il n’est pas impossible que le socle de la croix des Banchet ait aussi présenté cette décoration d’où en serait sorti la légende.

 13 ; 1896, Rd Durochat, Croix des Quillères

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- embase : en pierre, 2 escaliers
- socle : parallélépipédique en pierre portant l’inscription,
- fût : en pierre, de section carrée, bords tombés,
- croix : en pierre, d’une seule pièce, bras et chef trèflés, cœur trèflé également.
- inscription : MISSION 1896 CRUX AVE INDULGENCE DE 40 JOURS

Léon Bellemin Noël rapportait que la croix des Quillères était visitée à la procession de la St Marc. Il fallait porter de l’avoine et du sel à l’église avant la procession. « na pagna d’avena et de sà » (une poignée d’avoine et de sel).

Arnold Van Gennep dans son ouvrage « La Savoie » rappelle que saint Marc fêté le 25 avril était un protecteur agricole. Cette fête était marquée par des processions dans les champs accompagnées de litanies particulières, mais ces litanies ne semblaient pas ou très peu récitées en Savoie.

 14 : 1910, Curé Gavend, Croix de Forchet en Haut

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- embase : escaliers de pierre
- socle : parallélépipédique en pierre portant l’inscription
- fût :en pierre de section carrée à bord chanfreinés
- croix :en pierre hape et bras de section carrée, chanfeinés
- inscription : O CRUX AVE SPES UNICA 1910 Joseph Bertrand

En 1997, cette croix commence a se ressentir des intempéries. Sa pierre se désagrège un peu et les bords s’arrondissent. Elle porte au centre un cœur en relief.

Elle était visitée lors d’une procession pour la fête Dieu le 1° dimanche et était « garnie » pour l’occasion.

 15 : 1926, Curé Corbet, Croix du Deschamps

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En 1926 :
- embase ?
- socle : béton armé
- fût : béton armé légèrement tronconique
- croix : béton armé, hampe et bras cylindriques
- inscription : ?
En 1983 :
- Embase : Béton armé
- Croix : béton armé hampe et bras de section carrée, chanfreinés.

L’ancienne croix avait été construite en béton armé. C’était la maison Chiron qui les fournissait à un prix relativement modique. Elle avait beaucoup souffert des intempéries et fut restaurée au printemps 1983 en béton armé. Le coffrage a été effectué par Gérard Berthet du Montigon, et les maçons étaient Robert Damian et Jean Paccoud du Franquet. Quelques personnes possèdent encore une photographie de la bénédiction de 1926.

 16 : 1937, Curé Corbet, Croix du Forchet en Bas


- embase : petit socle en béton.
- croix : en bois avec niche.

La croix du Forchet en Bas a été érigée à l’initiative de Claude Maunand, en remplacement d’une ancienne croix également en bois.

Lors de la mission de 1937, Claude Maunand proposa d’ériger une croix près de sa maison. N’ayant rien prévu, il abbatit dans l’urgence un chêne qu’il travailla avec « le Clerc » du village des Quilléres et « Toine Polyte » le mari de l’Alice Bourbon du Grand Chemin. Elle fut prête pour la fin de la mission et érigée le dernier jour de celle-ci.

Elle possèdait une petite plaque métallique portant l’inscription : 1937 Cl. M. Elle était creusée d’une petite niche où il y avait autrefois une vierge. Elle était en état de délabrement assez avancé en 1997 et est tombée depuis (2006).

La tradition orale, toujours un peu taquine, rapporte que lors de la bénédiction de 1937, une jeune fille portant une robe étroite s’était « acclatrée » dans le fossé en « s’empiageant » pour le traverser !

 17 : Date inconnue, Croix du Bard

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- embase : apparemment sans ou enterrée,
- socle : imposant, de forme évasée vers le bas, en pierre,
- fût : en pierre de section carrée, bords tombés,
- croix : en fonte posée sur une pyramide renversée.
- inscription, sans.

Le fut vertical de la croix provient d’un des piliers soutenant le manteau de la cheminée d’une maison du Bard.