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Accueil > Histoire et Patrimoine > Mémoire & Histoire locale > La fruitière

Généralités
Mis en ligne le 23 juillet 2008 par
Dernière mise à jour le 20 août 2008

La géographie physique des communes d’Ayn et de Dullin et plus particulièrement de tout ce qu’il est convenu d’appeler l’Avant pays savoyard représente une certaine unité tant dans la qualité des terres que dans l’exposition aux précipitations. Le pays est situé dans le dernier chaînon du Jura qui vient mourir contre le massif de la Chartreuse au col de Couz. L’altitude moyenne des localités et surtout le contraste de relief entre la plaine qui voisine les 200m, le premier ressaut aux environs de 600m puis la chaîne de l’épine entre 900 et 1400 m provoquent des précipitations abondantes. Les mesures effectuées au poste météorologique de Novalaise donnent des hauteurs de précipitations annuelles rarement inférieures à 1,20m, et assez bien réparties tout au long de l’année. Cette forte pluviosité ne peut que favoriser une pousse d’herbe abondante, permettant certaines années jusqu’à trois coupes, une coupe de foin proprement dite puis deux coupes de regain.

S’il semble actuellement évident que cette région est dévolue à l’élevage laitier de part ce qui précède, il n’en a pas toujours été de même. En effet, sans remonter à une période immémoriale, la simple consultation de cartes postales des années 1950 permet de remarquer une culture importante de céréales qui a persisté jusqu’à ce que la concurrence des grandes régions productrices vienne y mettre un terme aux environs de 1960. A partir de ce moment, la spécialisation culturale de la région s’est affirmée franchement, et tous les agriculteurs se sont tournés essentiellement vers la production de lait.

Il paraît assez difficile de se faire une idée sur l’usage qui était fait des productions agricoles dès que l’on remonte au delà du début du siècle. La seule certitude que l’on peut avoir c’est que la part de la culture vivrière devait être très importante, et la part consacrée à la commercialisation minime.

Contrairement à d’autres régions savoyardes, il n’y a pas de production typique qui aurait pu induire des échanges commerciaux, et donc être une source d’archives et de documents. La consultation de la source la plus sûre, le Cadastre Sarde de 1728 ne nous fournit qu’une image somme toute assez banale de la région. Les archives notariales pourtant assez riches ne nous ont livré, pour celles que nous avons pu consulter, aucun renseignement susceptible de nous éclairer.

Force nous en est de nous fier à la tradition et aux souvenir des plus âgés du pays. Il est ainsi possible de remonter de façon à peu près certaine jusqu’aux années 1900. En effet la modification des pratiques agricoles a vraiment commencé à partir des années 1930 avec l’apparition des premiers tracteurs et l’usage plus intensif des engrais. L’évolution des transports qui avait débuté bien avant cette époque avait déjà commencé à favoriser les échanges mais sans influencer notablement la manière d’exploiter la terre.

Les personnes qui ont vécu cette période charnière de l’évolution agricole ont toutes connu dans leur jeunesse une exploitation par petite entités de quelques hectares qui survivait tant bien que mal en pratiquant ce que nos livres géographie appelaient la polyculture vivrière. Comme dans toute exploitation de ce type, l’élevage était présent avec vaches et chèvres, et la production laitière qui en découlait, faisait partie des bases de toute activité. Elle ne semble pas avoir été l’activité de référence, mais une production comme une autre, et la densité de la population dans les années 1800 - 1850 et jusque après la grande guerre occasionnait un morcellement de la propriété qui ne permettait pas une spécialisation.

La première amorce de spécialisation laitière apparaît de façon certaine avec la venue d’un fromager indépendant qui s’installa au fond du village des Bertrands, et surtout avec la livraison de lait pour approvisionner la ville de Lyon. Le lait était descendu à Lépin en puis il était chargé en bidons dans des wagons et il était procédé à un échange de bidon pour permettre de livrer le lendemain. C’est à partir de cette époque, soit au début des années 1920, que commence à fonctionner la société coopérative laitière d’Ayn et de Dullin.